#4 Les FinTechs : concurrents ou collaborateurs des acteurs financiers traditionnels ?

AngelSquare a étudié les 5 secteurs qui ont le plus attiré l’attention des investisseurs. Nous vous présentons aujourd’hui le secteur des Fintechs, quatrième de notre classement, et ses enjeux en 2018.

Seuls 17% des français savent ce que le terme Fintech recouvre. Pourtant, ils sont 36% à en avoir utilisé une, parfois sans le savoir (sondage Harris Interactive pour Deloitte).

Les Fintechs regroupent toutes les technologies liées à la finance au sens très large du terme. Sont concernés : les banques, le crédit, l’épargne, les moyens de paiement… et même les assurances (InsurTechs). Le marché européen croule aujourd’hui sous ces initiatives entrepreneuriales dont l’objectif est simple: révolutionner les échanges financiers entre toute sorte d’acteurs.

En France, on compte environ 300 startups fintechs dans différents domaines :

qu'est ce qu'une fintech

 

Source : Xerfi Precepta Les FinTech et nouveaux entrants dans la banque et l’assurance

Quelles sont les technologies utilisées par les Fintechs?

  • La blockchain: aucune entreprise ni aucune transaction n’est protégée d’une cyber-attaque sans un système de blockchain solide. Cette avancée technologique va permettre une forte baisse des coûts de gestion du risque.
  • Le cloud : la puissance de ces espaces de stockages sont de précieux renforts à une expérience entièrement digitalisée et automatisée; c’est aussi un excellent outil de suivi client.
  • Les cryptomonnaies: elles proposent une nouvelle alternative de paiement et surtout de diversification d’épargne, elles se passent des interventions humaines grâce à la blockchain et sont ainsi moins coûteuses que les moyens de transactions plus traditionnels.
  • Les Robots advisors : qui permettent de coacher en ligne des clients quant à leurs placements financiers. Cette technologie, doublée d’un chatbot permet une intervention humaine moindre et donc une réduction des coûts.
  • Le Machine Learning : manière de modéliser des phénomènes, il va être utile à l’automatisation des décisions stratégiques et des actions financières.
  • L’intelligence artificielle (IA): dans le secteur bancaire, l’analyse de données et un enjeu essentiel. Prévenir les fraude, optimiser la chaîne de paiement, créer des modèles prédictifs, évaluer les risques ou le crédit, l’IA remodèle toute l’activité.
  • L’UX (User eXperience): les clients sont devenus plus exigeants en matière de rapidité des services. Ce qui était impossible il y a 10 ans, comme ouvrir un compte en 5 minutes ou virer instantanément de l’argent depuis n’importe quelle partie du monde est aujourd’hui une évidence pour les générations Y et Z.
  • Les e-wallets: cette technologie permet aux utilisateurs d’avoir accès à un porte monnaie en ligne et complètement digitalisé, sorte de carte de crédit intégrée au dispositif sur lequel le paiement est réalisé. Cela permet de réaliser des transactions sans carte bancaire directement sur le net, (comme le fait l’app Wallet sur Iphone).

Quels sont les marchés ciblés par les Fintechs ?

  • En B2C, elles s’adressent au grand public, par exemple les « néobanques » (Qonto), les cagnottes en ligne (Leetchi), les applications de paiement (Pumpkin), de gestion des finances personnelles (Linxo) ainsi que des outils de gestion de patrimoine ou d’investissement automatisé
  • En B2B, elles proposent des services financiers aux entreprises, PME ou grands comptes, comme le transfert de devises en ligne ou l’affacturage dématérialisé (Paytweak);
  • Enfin, en B2B2C, à l’image des plateformes de financement participatif, elles mettent en relation des porteurs de projets, créateurs, commerçants, PME, et des investisseurs, particuliers ou professionnels.

De quelles évolutions les Fintechs sont-elles responsables ?

- Responsables de la redéfinition du mot “transaction”

Depuis 2015 — « l’année où la Fintech est devenue grand public » [KPMG] — le secteur a connu une explosion des investissements et un coup de projecteur médiatique significatif sur ses différents domaines d’applications. Face au retard de digitalisation des mastodontes bancaires et de l’assurance, ces startups ont entrepris de rendre la finance et l’assurance plus simples, plus accessibles, plus transparentes et moins coûteuses.

- Responsables de la création de modèles “customer-centric”

Présentées comme une alternative aux acteurs traditionnels après la crise de 2007, les Fintechs développent, pour la plupart, des services complémentaires à l’offre traditionnelle, ce qui force les banques à innover.

« Les banques doivent passer d’une approche-produit à une approche-client » Nicolas Châtillon, directeur de la coordination Banque commerciale et Assurance au sein du groupe BPCE

Avec des consommateurs de plus en plus connectés, les fintechs ont su saisir l’occasion de fournir une UX de grande qualité. Les clients veulent des contrats simples à lire, des formats courts, des conditions claires et une expérience digitalisée, bref tout ce qu’une banque traditionnelle n’était alors pas en mesure de fournir. Mais à quel prix ? Au prix de la non rentabilité des business models des fintechs.

Quelles sont les tendances à venir en matière de fintechs?

Pour Mikaël Ptachek, responsable de la practice Fintech chez KPMG :

« Le début de l’année 2018 témoigne de la poursuite d’une tendance dynamique du marché des levées de fonds fintechs en France, avec déjà près de 110M€ de fonds levés à date, à travers plus de 10 opérations — soit déjà l’équivalent de l’année 2015 à elle seule. »

Les tendances à suivre de près:

L’Open Banking

L’année 2018 va être marquée par l’entrée en vigueur de la DSP 2. Ce nouveau règlement européen impose aux banques de permettre à leurs clients de donner accès à leurs données personnelles à des acteurs non bancaires qui pourront ainsi agréger leurs données financières et initier des paiements. Les banques devront mettre en oeuvre dès cette année des APIs pour répondre à cette contrainte réglementaire.

La Bank-on-demand

Le paiement mobile sur un modèle “ATAWADAC” pour any time, anywhere, on any device, for any content. Pour continuer d’innover et de satisfaire de nouveaux besoins, les fintechs créent des fonctionnalités permettant à leurs clients d’accéder à tous les services d’une banque traditionnelle.

 

Vers des offres 100% digitalisées

Parmi ces nouvelles tendances, on peut lire l’avenir des Fintechs dans le monde en 5 prédictions :

  • Le basculement vers des offres 100% digitales adaptées à des clients pure players.
  • Le modèle P2P (peer to peer) ou B2B2C comme moyen de rentabilité.Dépasser le modèle freemium et monétiser les business models (auprès de clients habitués à bénéficier d’un service gratuit). Comment ? En développant leurs partenariats B2B (puisque le B2C est trop ancré dans un modèle freemium). Plus de complexe donc, à nouer des liens avec des banques / assurances traditionnelles avides d’acquérir ou de s’imprégner des nouvelles solutions fintechs.
  • Possibilité d’internationalisation et d’élargissement les niches de marché, comprendre des enjeux qui diffèrent d’une localité à l’autre (les français ne gèrent pas leur argent de la même façon que les américains par exemple). Et surtout, faire mieux que leurs concurrents européens (chaque startup fintech française possède quasiment son homologue en Allemagne).
  • Faire émerger des plateformes d’agrégation de services financiers facilités par les API.
  • Dépasser le choc des générations et séduire des clients plus âgés.

Malgré toutes ces technologies et avancées, les startups fintechs peinent à s’imposer durablement et ne parviennent pas à détrôner les acteurs traditionnels de la gestion de finances.

Les premières fintechs sont apparues en 2010, alors que la plupart de nos grandes banques françaises sont vieilles de plus d’un siècle. N’est-ce qu’une question de temps ou est-ce la preuve que les startups fintechs sont dans l’incapacité d’atteindre le leadership et le niveau de gouvernance d’un grand groupe ? Comment expliquer que les Fintechs n’aient toujours pas réussi à révolutionner en profondeur nos transactions quotidiennes ?

 

Quel modèle de rémunération pour les fintechs ?

Ceci peut s’expliquer par plusieurs raisons :

1 — La non viabilité des business models des fintechs

La plupart des business models des fintechs ne sont pas pas assez rémunérateurs. Ils utilisent le modèle freemium,gratuit en B2C, pour encourager les clients à utiliser le produit.

2 — Le conservatisme

Les français sont peu conscients de l’existence des fintechs et restent fidèles au modèles traditionnels.

3 — La rigidité réglementaire européenne

Bien que les réglementations commencent tout juste à s’assouplir en faveur des fintechs, (l’apparition du crowdfunding dans les années 2010 a déjà donné naissance à un cadre juridique européen), celles-ci sont encore largement freinées par le droit européen et toutes les contraintes juridiques et administratives qui entrent en compte dès lors qu’une transaction financière a lieu.

fintechs exits francais.PNG

 

Les Fintechs sont-elles alors vouées à servir d’outil d’accélération digitale des banques ?

Oui, au regard des rachats de plus en plus fréquents par les banques. Leetchi s’est fait racheté par le crédit mutuel Arkéa en 2015, tout comme Pumpkin en 2017, et Kiss Kiss Bank Bank par la Banque Postale.

 

 

 

Les Fintechs françaises rachetées par les mastodontes de la finance

Les startups fintechs peuvent-elles encore prendre leur revanche ? Oui si l’on en croit les belles levées de fonds réalisées par les fintechs françaises au cours de l’année 2017

Les plus grosses levées de fonds de fintechs françaises

Place du palmarès AngelSquare : #4 les FinTechs (132M€ — 26 levées)

#1 Younited Credit : Le crédit, en plus rapide

 

#2 Linxo, l’application pour gérer son budget

 

#WeShareBonds, plateforme de prêt aux PME

Elle offre aux particuliers des opportunités d’investissement PME grâce au crédit participatif.

 

Et on ne résiste pas à l’envie de vous parler de nos alumnis AngelSquare Fintechs qui nous ont vraiment impressionné avec leurs solutions innovantes et leur envie commune de disrupter totalement le secteur bancaire:

Les startups FinTechs accompagnées par AngelSquare:

Avec de très nombreux deals Fintechs signés depuis 2016, AngelSquare tient les fintechs pour l’un des meilleurs secteurs où investir. Parmi les belles histoires des alumni AngelSquare, on compte entre autre :

  • Pumpkin : permet d’effectuer des virements d’argents instantanément via mobile. Après avoir levé des fonds chez AngelSquare en Seed et Série A, l’app s’est faite racheter par le crédit mutuel Arkéa
  • Sesamm : composée d’une équipe de web engineers compétents, Sesamm souhaite améliorer les transactions digitales grâce à l’intelligence artificielle. Grâce au Big Data, Sesamm propose des analyses prédictives de nos dépenses.
  • Finsquare : rachetée par Lendix en 2016, Finsquare est une plateforme de financement participatif.
  • PayTweak : PayTweak permet de sécuriser les transactions du quotidien tout en assurant leur instantanéité. La startup de Gisors vient de réaliser une nouvelle levée de série A d’un montant de 1 million d’euros.

Donnez-nous votre avis en commentaire!

Et vous ? Pensez vous que les startups FinTechs françaises sont en mesure de remplacer les acteurs traditionnels de financement ? Si vous avez des questions, des remarques, ou mêmes des points sur lesquels vous n’êtes pas d’accord, partagez-le nous en commentaire. Votre avis nous intéresse !

Béatrice de Hillerin